jeudi 21 juillet 2011

Rhythm is our business

Grâce à Barbarella qui propose le téléchargement du Film de 1941 "Ball of Fire" ( blog référencé à votre droite ), j’ai revu cette comédie qui n’est certes pas un chef d’œuvre mais qui se laisse voir avec plaisir. Le script est signé Billy Wilder ce qui n’est généralement pas un gage de médiocrité et les vedettes sont Gary Cooper et Barbara Stanwick. Cette dernière a été incontestablement plus brillante dans ses rôles mélodramatiques comme dans "clash by night" de Fritz Lang en 1952 ou dans son rôle d’hypocondriaque, aux côtés de Burt Lancaster, dans "Sorry wrong number" en 1948. Bref, ce n’est pas de la mère Stanwick dont je voulais spécialement vous entretenir. Une des attraction du film est l’orchestre de Gene Krupa au grand complet, avec un numéro sur Drum Boogie, un des chevaux de bataille de Gene. C’est Barbara qui joue le rôle, habituellement dévolu à Anita O’Day, de la chanteuse de l’orchestre. Le sacrilège de l’histoire est qu ’elle doublée par la chanteuse Martha Tilton, convenable certes mais qui n’arrive pas à la cheville d’ Anita .


Hormis cette faute grossière de goût, l‘orchestre comporte ses vedettes habituelles dont Charlie Ventura qui prend un solo d’un huitième de chorus et surtout la plus épatante : Roy Eldridge



A ce sujet j’ai un débat de fond avec ma femme dont l’avis diverge du mien, ce qui est en soi un pur scandale. Elle prétend en effet que ma théorie ( qui, loin d’être une théorie, est un simple constat ) selon laquelle le réalisateur, par d’astucieux jeux de lumières, a tenté de dissimuler le plus possible Roy, seul noir de l‘orchestre ( voir la capture d‘écran ci contre ), ne tient pas debout. Selon elle seul mon esprit biscornu peut trouver trace sinon de racisme du moins de prudence dans cette séquence ( nous sommes en 1941 rappelons le ). Je persiste et vous fait juge, voilà la séquence incriminée. 


Gene Krupa & ( le fantôme de ) Roy Eldridge ladies and gentlemen:





Rhythm is our business


Si vous suivez l’actualité du Jazz vous avez sans doute entendu parler de la sortie chez mosaïc d’ un coffret de sept CD retraçant les enregistrements Decca de Jimmie Lunceford  de 1934 à 1945. Même si cela ne représente en aucun cas une "intégrale", Jimmie ayant largement enregistré chez d’autres labels, c’est en tout cas une somme suffisante pour ceux qui voudraient découvrir le merveilleux orchestre de JL, injustement relégué dans les curiosités du Jazz alors qu’il en a été une voix essentielle. C’est un cliché mais la vérité que de dire qu’il y a eu réellement trois big bands de la grande époque dont chacun avait sa personnalité très affirmée: Basie et Ellington of course mais on oublie toujours que JL faisait jeu égal chez les amateurs mais surtout les danseurs. C’est une pitié que sa notoriété ait pâti autant des années, quoi qu’il semble que les choses changent. C’est d’ailleurs largement incompréhensible. Quiconque ayant entendu les merveilleux arrangements de Sy Oliver interprétés par des solistes de premier ordre comme Willie Smith, Joe Thomas, Jimmy Crawford ou Trummy Young ne peut qu’être immédiatement conquis. Sinon il doit s’interroger sur son état général ou s’intéresser à autre chose que ce qu’on appelle communément le Jazz ( on dirait du Panassié non ? ). De plus, même si vous êtes comme moi un exécrable danseur, les picotements au niveau des membres inférieurs que vous allez ressentir à l’écoute du swing incroyable distillé par l’orchestre ne sont pas des symptômes inquiétants. Au contraire, c’est normal!


jimmy crawford


A l’occasion de cette sortie Marc Myers fait un papier dans le Wall Street Journal ( Wall Street et Jimmie Lunceford ont autant de rapport entre eux que les poissons et les bicyclettes mais passons ) et dans son blog édite une interview du dernier survivant de l’orchestre le trompettiste et arrangeur Gerald Wilson ( 92 ans ).


Pour ceux qui voudraient en savoir plus mais pas trop la vidéo ci dessous vous donnera une idée de ce qu’ était l’orchestre au temps de sa gloire .Pour être complètement trivial, chacune des visions de ce bijou me laisse sur le cul!


Pour ceux qui voudrait en savoir beaucoup plus , il existe, outre le coffret ci-dessus, un excellent bouquin sur JL, intitulé "Rythm is our Business" et édité chez "The Michigan University Press" . Si vous ne le trouvez pas vous pouvez m’adresser un e mail ( c‘est en anglais ).


Enfin concernant le coffret magnez vous, il est en tirage limité à $ 119...D’après mes calculs ça revient à 85 cents/$ ( soit 60 cents d’euro ) le titre ( moins cher que chez Itunes store) quels calculs d‘apothicaire non ?  


Jimmie lunceford ladies and gentlemen:







RIP

Le chanteur Joe Lee Wilson est disparu ce mois ci à l'âge de 75 ans. Ce nom est largement oublié maintenant, il n'a d'ailleurs jamais eu une grande notoriété. Si il a fait quelques disques sous son nom, c'est surtout pendant la période de la fin des années 60 et la première partie des années 70 que Joe Lee a eu un peu de visibilité, grâce à ses collaborations avec des musiciens comme Sunny Murray et surtout Archie Shepp qui l'utilisera dans des oeuvres majeures comme "Attica Blues", où sa belle voix barytonante faisait merveille .

Pour lui rendre un dernier hommage un extrait du disque d'archie Shepp "Money Blues "( thème éternel s'il en est ) de 1971 . Attention si vous ne connaissez pas c'est du lourd. Joe Lee est soutenu puissamment par le trombone vachement coulissant de Grachan Moncur 3- quel nom farce- et un choeur comprenant Johnny et Sharon Shepp les gamins du leader- A savoir ce qu'il sont devenus 40 ans après...

Enjoy and "Give me my money" !!


A bientôt chers petits amis.

1 commentaire:

  1. Joe Lee... Beautiful spirit, beautiful soul, beautiful voice...
    J'adorais l'entendre, au Franc Pinot entre autres. Le voir regarder tour à tour chaque personne présente dans le public (les regards posés sur les représentantes du sexe faible étant forcément plus appuyés !) comme s'il chantait pour elle, et seulement pour elle, l'espace de quelques notes.
    Un vrai grand bonhomme, Joe Lee...

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